L'école

Une transmission vivante


L'héritage d'Ananyan Ballet n'est pas une étiquette. C'est une dynastie artistique où la danse, la musique et les arts se transmettent depuis plusieurs générations, enrichie ensuite par une carrière internationale.

Une dynastie artistique


Dans cette famille, la danse ne s'est pas simplement choisie : elle s'est transmise.

Pour Victoria Ananyan, le ballet est bien plus qu'une profession. Il s'inscrit dans un héritage familial où la danse, la musique, les arts visuels et la littérature se transmettent depuis plusieurs générations. Bien avant la création d'Ananyan Ballet à Monaco, la scène, le studio et la discipline artistique faisaient déjà partie de la vie quotidienne de la famille.

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Les grands-parents

Son grand-père, Zaré Muradyan, formé à l'école de ballet de Moscou et danseur au Théâtre Bolchoï, quitta Moscou pour l'Arménie et consacra ensuite de longues années au Théâtre Spendiarian à Erevan. C'est à cette venue que la famille et le monde du ballet arménien font remonter l'implantation du ballet classique dans le pays. Sa grand-mère, Maria Grigorievna Sliztchenko, originaire de Saint-Pétersbourg, entrée en 1924 à l'école de ballet de la ville, l'ancienne École impériale, fut à la fois ballerine et professeure, porteuse de cette tradition classique. Ensemble, formés dans les grandes écoles de l'époque soviétique, ils ont posé les bases artistiques et pédagogiques transmises aux générations suivantes.

La lignée pédagogique remonte à Ekaterina Heidenreich, qui forma Maria Grigorievna Sliztchenko et fonda en 1944 l'école de ballet de Perm. Des décennies plus tard, Victoria s'est formée dans cette même école, auprès de Lidia Grigorievna Ulanova, dont la lignée pédagogique se rattache elle aussi à Heidenreich.

Les parents

La mère de Victoria, Zhanna Muradyan, ainsi que son père, furent tous deux danseurs au Théâtre Spendiarian. Diplômée de l'École chorégraphique d'État d'Erevan, élève de Dina Nikolaïevna Gatsina, Zhanna Muradyan travailla aussi avec la légendaire Natalia Dudinskaya lors des venues de celle-ci à Erevan, un lien direct avec la grande tradition classique de Saint-Pétersbourg. Devenue soliste du Théâtre académique d'opéra et de ballet d'Erevan, le Théâtre Spendiarian, elle enseigna ensuite pendant de nombreuses années à l'École de ballet de Kharkiv, en Ukraine, où la famille s'était installée après avoir quitté l'Arménie, puis fut pendant six ans professeure principale de ballet au Tokyo Ballet. Elle fut aussi le premier professeur de Victoria, son élève durant ces années à Kharkiv. Le père de Victoria travailla quant à lui à Erevan avec le pédagogue Maxim Martirosyan, avant d'approfondir sa formation à Moscou, dans la lignée de Piotr Antonovitch Pestov.

Les élèves de Zhanna Muradyan dansent comme danseurs principaux et solistes dans de grandes compagnies internationales, en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Aujourd'hui, elle est professeure principale de ballet à Ananyan Ballet Monaco et enseigne aux côtés de Victoria, auprès des mêmes enfants.

Une famille d'artistes

La lignée artistique de la famille Ananyan traverse les générations et va bien au-delà du ballet. Elle compte des danseurs, des écrivains et des figures littéraires, des artistes plasticiens et des chanteurs d'opéra : une famille où les arts de la scène, la littérature et les arts visuels ont longtemps coexisté.

La tradition s'est poursuivie dans la famille : le frère de Victoria, Edgar Ananyan, formé à l'École chorégraphique d'Erevan, fut danseur principal du Théâtre académique d'opéra et de ballet de Kharkiv et travailla aussi comme chorégraphe et créateur de scène, notamment aux côtés de Teodor Popescu et de Svetlana Kolyvanova. D'autres danseurs ont compté dans la famille, notamment du côté de sa mère : la danse y a traversé plusieurs générations, dans un environnement où l'art était vécu au quotidien, et non considéré comme une simple activité extrascolaire.

Un hommage à Zaré Muradyan


Zaré Muradyan a compté dans le monde artistique arménien. Une exposition a été consacrée à sa carrière, réunissant les photographies de scène et les documents conservés de son travail, et des figures du ballet arménien sont venues parler de lui devant la caméra. Elles y disent que sans sa venue de Moscou en Arménie, le ballet classique ne s'y serait pas implanté.

Ces films sont conservés par la famille. Ils sont en arménien, sans sous-titres, et la qualité est celle des cassettes dont ils proviennent. Ils sont publiés tels quels, pour ce qu'ils gardent.

L'exposition consacrée à sa carrière : photographies de scène, portraits et documents.
Un entretien filmé devant le portrait de Zaré Muradyan, en deux extraits. Teresa Grigoryan, ballerine puis directrice de l'école de chorégraphie d'Erevan, y parle de lui.
David Muradyan, écrivain et critique de cinéma.
Georgy Georgiyants, danseur puis professeur de ballet à Erevan.
Vilen Galstyan, danseur et chorégraphe, artiste du peuple d'Arménie.

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Une dimension internationale


Victoria Ananyan en attitude sur pointe, sur scène, figure entière.
La scène, avant la transmission.

La carrière de Victoria apporte à cet héritage une dimension internationale : plusieurs grands environnements du ballet, plutôt qu'une seule école. Soliste du Théâtre d'opéra et de ballet de Perm de 2003 à 2007, elle rejoint ensuite le Dutch National Ballet à Amsterdam, de 2007 à 2015, avec une saison menée en parallèle au San Francisco Ballet, avant de devenir soliste principale des Ballets de Monte-Carlo en 2015, sous la direction de Jean-Christophe Maillot.

Parmi les rôles qui ont marqué ce parcours : Giselle, qu'elle danse à Amsterdam devant la reine Beatrix des Pays-Bas ; Nikiya dans La Bayadère de Natalia Makarova, qui l'a préparée personnellement au rôle ; Aurore et la princesse Florine dans La Belle au bois dormant de Sir Peter Wright ; puis, à Monaco, Juliette et le Cygne noir dans les créations de Jean-Christophe Maillot. Son répertoire classique compte également Schéhérazade.

Parmi les personnalités qui ont marqué son parcours : Natalia Makarova, Patricia Neary et Larissa Lezhnina, ainsi que Lidia Grigorievna Ulanova, professeur déterminant dans sa formation.

Son parcours l'a mise en contact avec la tradition Balanchine, par des pédagogues liés à l'univers du New York City Ballet, avec la pédagogie française, avec la tradition classique anglaise, notamment à travers un travail lié à Sir Peter Wright, et avec la création néoclassique européenne, par un long compagnonnage avec les ballets de Hans van Manen.

Ses années aux Ballets de Monte-Carlo lui ont donné l'expérience quotidienne d'une grande compagnie classique contemporaine, au contact de l'univers artistique de Jean-Christophe Maillot, de ses maîtres de ballet, de ses répétiteurs, de ses danseurs et de ses chorégraphes. Ce réseau professionnel nourrit aussi les stages et masterclasses de l'école.

Une relation particulière avec le Japon


Dans cette histoire familiale, le Japon occupe une place à part. Zhanna Muradyan a été pendant six ans professeure principale de ballet au Tokyo Ballet, où elle a formé des danseurs devenus solistes de grandes compagnies internationales.

Ce lien se vit aujourd'hui d'école à école, avec PP and Co Alfa Ballet Works, à Tokyo : des leçons partagées, des stages et des spectacles donnés ensemble, au fil d'échanges devenus une tradition de l'école.

PP and Co Alfa Ballet Works sur InstagramLa leçon commune en imagesL'échange de 2024 en images

Cours à la barre dans un studio, les élèves alignées le long du miroir, la professeure parmi elles.
Les années d'enseignement au Japon.

De la lignée à l'école


Aujourd'hui, Victoria prolonge cet héritage à travers Ananyan Ballet. L'objectif n'est pas de reproduire le passé, mais d'en transmettre la discipline, le savoir et les exigences artistiques à une nouvelle génération à Monaco, qu'un enfant devienne ensuite danseur professionnel, médecin, entrepreneur, diplomate ou choisisse une tout autre voie.

Cette tradition, préservée dans sa structure Vaganova et enrichie par l'expérience internationale, est ce que l'école transmet aujourd'hui aux enfants et aux adultes de Monaco.

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